Je m'enfonce

Je m'enfonce, c'est net. Il coule le beau capitaine de son miroir adulé. L'oeil est clair mais le sourcil obscur. Il compte les creux et les rides. Et son confort bourgeois ne le sauvera pas du naufrage à vrai dire.

Il m'enfonce le barreur sans âge. Passager de ma vie à jamais, j'admire son adresse à virer au près des récifs. Moi, j'y laisserais soupirs, larmes, qui sait, et la nostalgie immense des heures où une main lisse et pâle était, en soi, une promesse de lendemains neufs. La main à prendre ou à caresser des yeux.

Il n'aima pas tant le bouleversement des chairs que la tentation de la perte et le désespoir de la perte. Ne rien posséder, que les objets et encore. Rien n'a de prix que le renoncement. Mais disparaître, jusqu'où. Et à quel retour assistera t-il, comme un spectateur de sa traversée folle.

Je n'aime plus sentir battre mon coeur. Je suis un vieux sorcier sans magie. Mon corps et mon âme se sont séparés maintenant. L'un chute et périt, l'autre flambe encore des rêveries anciennes. Et je voudrais t'aider alors qu'il faudrait que je te fuis. Sans rire.

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